Les médias et la cybersanté mentale

Médias

L’un des aspects fondamentaux du travail de la CSMC consiste à bâtir des ponts pour susciter un changement qui rejoint les gens là où ils se trouvent. Cela comprend nos efforts pour recadrer le dialogue national sur les maladies et les problèmes associés à la santé mentale en favorisant une couverture médiatique plus responsable et plus pertinente.

En 2010, nous avons lancé un projet de recherche par l’action pour examiner l’évolution des reportages sur la santé mentale depuis que la CSMC a pris des mesures concrètes pour améliorer le ton et le contenu de la couverture médiatique. Nos initiatives comprennent de l’éducation fondée sur l’interaction, la distribution d’un guide journalistique pratique (En-tête) axé sur des données probantes ainsi qu’un cours en ligne à l’intention des étudiants en journalisme.

Dans le cadre de la recherche réalisée au Centre de recherche de l’hôpital Douglas de l’Université McGill, Rob Whitley examine la couverture médiatique de la maladie mentale sur plus de 10 ans, de 2005 à 2018.  L’étude a pour but d’évaluer le ton et le contenu des articles sur la santé mentale en consignant, en lisant et en codant les reportages à ce sujet.

La partie rétrospective de l’étude (de 2005 à 2010)révèle peu de changement, car une grande proportion d’articles étaient négatifs.  Les résultats intérimaires de l’étude longitudinale, publiés en octobre 2016, indiquent que dans l’ensemble, la couverture de la maladie mentale s’est grandement améliorée depuis 2005. Les articles publiés plus tard dans la période visée par l’étude (2005 à 2015) étaient plus susceptibles d’avoir un ton positif, de mentionner la pénurie de ressources, de citer des personnes vivant avec la maladie mentale ou encore des experts en santé mentale ainsi que d’avoir un contenu moins stigmatisant.  L’étude révèle que les articles publiés depuis la création de la CSMC sont beaucoup plus positifs et moins stigmatisants que ceux publiés lorsqu’elle n’existait pas. 

Rob Whitley et Michael Creed ont mené une étude pour déterminer dans quelle mesure les quotidiens canadiens ont suivi les lignes directrices En-Tête dans leurs reportages sur le suicide de l’acteur Robin Williams. Un peu plus de la moitié des articles respectaient à 80 % les lignes directrices En-Tête sur le suicide tandis que 85 % étaient conformes à au moins 70 % de ses 14 recommandations.

La CSMC a fait équipe avec le Canadian Journalism Forum on Violence and Trauma afin de créer En-Tête, Reportages et Santé mentale, un guide pratique conçu par les journalistes pour les journalistes pour favoriser une couverture médiatique responsable et pertinente des maladies et des problèmes associés à la santé mentale. En 2017, une deuxième édition d’En-Tête a été publiée, laquelle comporte un chapitre sur les reportages sur la santé mentale des Autochtones. Lors de leur assemblée générale annuelle à Edmonton en mai 2016, les leaders autochtones ont fait ressortir l’importance des reportages responsables qui présentent d’une façon plus éclairée le contexte historique des peuples autochtones.

 « Depuis quelques années, les médias accordent beaucoup plus d’attention à la maladie mentale, au suicide et aux dépendances. « Le guide En-Tête, préparé par des journalistes pour les journalistes (avec l’appui de la Commission de la santé mentale du Canada), offre des conseils pratiques et un contexte important pour améliorer la qualité des reportages. De toute évidence, il a porté ses fruits. » –  André Picard, chroniqueur en santé au Globe and Mail

Cybersanté mentale

La CSMC bâtit des ponts pour rejoindre les gens dans leurs communautés en mettant davantage l’accent sur la cybersanté mentale. Au cours de l’exercice 2016-2017, une nouvelle équipe a recueilli les commentaires des intervenants afin d’améliorer les connaissances et de partager les pratiques exemplaires. Parmi les réalisations, mentionnons :

  • la concrétisation d’une nouvelle analyse de la littérature et de l’environnement relatifs à la cybersanté mentale au Canada;
  • la collaboration avec les personnes ayant vécu la maladie mentale pour concevoir une ressource d’information sur la cybersanté mentale;
  • la reprise des travaux du groupe collaboratif sur la cybersanté mentale;
  • la tenue d’une enquête auprès des professionnels de la santé mentale, en collaboration avec les associations professionnelles du domaine.

La CSMC a par ailleurs organisé deux tables rondes qui rassemblaient plus de 90 leaders en santé mentale, fournisseurs de soins de santé mentale, décideurs politiques, personnes ayant un savoir expérientiel et experts nationaux et internationaux.

En 2016-2017, la CSMC a poursuivi ses partenariats et collaborations sur la cybersanté mentale en jouant entre autres des rôles consultatifs dans le cadre de projets de recherche novateurs et en collaborant officiellement avec l’Institut de la santé des femmes et des hommes des Instituts de recherche en santé du Canada afin de miser sur l’innovation en cybersanté mentale.


La totalité des participants qui ont répondu aux sondages d’évaluation de la réunion s’est dite satisfaite ou très satisfaite des tables rondes.

De plus, 90 % d’entre eux disent qu’ils utiliseront l’information obtenue à cette occasion dans leur travail.

Il a été démontré que la cybersanté mentale est aussi efficace que les traitements en personne pour certains types de maladies. Elle présente par ailleurs des avantages distincts, à savoir l’accessibilité, la flexibilité, l’anonymat et la rentabilité.

  Extrait de l’article The Power of e-Mental Health de Louise Bradley et de JianLi Wang paru dans le Canadian HR Reporter, le 24 avril 2017.