Milieux de travail uniques (premiers intervenants et travailleurs de la santé)

La voie à suivre pour guérir le milieu de la santé

En 2015, lors de la Conférence nationale sur le leadership en santé qui avait lieu à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard, la PDG de la CSMC Louise Bradley a prononcé un discours qui a complètement changé la façon dont les fournisseurs de soins de santé perçoivent et gèrent leur propre santé mentale.

Un an plus tard, en juin 2016, la CSMC est retournée à cette conférence, cette fois en compagnie de SoinsSantéCAN pour lancer le Collectif « La santé d’abord ». Cette communauté de pratique rassemble 20 organisations de la santé en provenance de partout au pays. Elles font avancer la santé mentale au travail dans le domaine de la santé et appuient l’application de la Norme nationale du Canada sur la santé et la sécurité psychologiques en milieu de travail. Ces pionniers offrent du mentorat et partagent leur expérience pratique avec les organisations de santé qui commencent à se préoccuper de la santé mentale en milieu de travail.

Premier en son genre dans le monde, le Collectif répond à l’immense demande de soutien et de ressources en donnant accès à des experts et en mettant en contact des gens qui mènent à bien des initiatives sur la santé mentale en milieu de travail.

En bref :
Les travailleurs en santé sont 1,5 fois plus susceptibles de s’absenter du travail en raison d’une maladie ou d’une invalidité que les travailleurs de tous les autres secteurs.

Lutter contre la stigmatisation dans le domaine de la santé

Après avoir choisi les fournisseurs de soins de santé comme groupe cible pour ses initiatives fondamentales de lutte contre la stigmatisation, en 2009, la CSMC a entrepris l’évaluation de 25 programmes qui s’adressaient spécifiquement à ce groupe.

Elle a constaté que les professionnels de la santé avaient des besoins en formation considérables et qu’ils étaient relativement pessimistes à l’égard du rétablissement. Après avoir invité des partenaires en 2009, la CSMC a déterminé qu’un bref atelier pour comprendre la stigmatisation était des plus efficaces. En 2016-2017, nous avons transformé son contenu en un module en ligne pour le rendre plus accessible aux fournisseurs de soins de santé partout au pays.

Notre recherche a fait ressortir un autre besoin en formation assez surprenant : les professionnels de la santé disent qu’ils n’ont pas les compétences nécessaires pour aider les patients qui présentent des maladies ou des problèmes associés à la santé mentale.

La CSMC a découvert un programme de la Colombie-Britannique à l’intention des médecins de famille qui permet d’améliorer leurs compétences. Grâce à l’appui
et à la volonté de nombreuses organisations partenaires, la CSMC a mené un essai clinique aléatoire en offrant le programme en Nouvelle-Écosse jusqu’en 2016.

La documentation évaluée par les pairs montre une amélioration marquée des résultats pour les patients lorsque leur médecin a suivi le programme. En tout, 40 % des médecins qui ont suivi le programme se disent « très confiants » quant à la qualité des soins qu’ils sont désormais en mesure d’offrir. Grâce à leurs nouvelles compétences et méthodes de traitement, ils prescrivent moins d’antidépresseurs. Nous souhaitons maintenant accroître la portée de cette formation et des programmes
de lutte contre la stigmatisation qui s’appuient sur des données probantes. Depuis la fin de l’essai clinique aléatoire, la Nouvelle-Écosse a décidé d’offrir ce
programme dans l’ensemble de son territoire.

« En tant que médecin de famille, nous devons fournir davantage de soins de santé mentale parce que le système est parfois surchargé.
Cette formation a dépassé mes attentes d’au moins 500 %. Je me sens beaucoup plus confiante et apte à aider mes patients et c’est pourquoi j’ai suivi la formation. » 
Dre Carmen O’Neill, médecin de famille

Premiers intervenants

Les premiers intervenants sont couramment exposés à des événements traumatisants dans le cadre de leur travail. De plus, ils sont en contact avec des gens dans des situations vulnérables, dont ceux qui sont aux prises avec une maladie ou un problème associé à la santé mentale.

Pour assurer la sécurité de nos communautés, les premiers intervenants ont besoin d’outils et de ressources pour maintenir leur propre bien-être mental. La CSMC travaille sans relâche pour soutenir les organismes de premiers intervenants tandis qu’ils mettent en œuvre de vastes stratégies sur la santé et le bien-être, tout en améliorant leurs interactions avec les personnes qui présentent une maladie mentale.

En 2017, pour la troisième année consécutive, la CSMC a soutenu l’Association canadienne des chefs de police dans le cadre de sa conférence annuelle. En l’espace de 36 mois à peine, la conférence est passée de l’amélioration des interactions entre la police et les personnes aux prises avec la maladie mentale à une compréhension plus vaste de la santé mentale et du bien-être pour son personnel.

Au-delà des besoins particuliers de la police, la CSMC reconnaît qu’il faut mieux comprendre les besoins en santé mentale de tous les premiers intervenants compte tenu de la diversité de leurs expériences.

Vers la fin de 2015 et au début de 2016, nous avons entrepris d’adapter le programme En route vers la préparation mentale aux besoins des ambulanciers, des agents correctionnels et des pompiers. Ce programme vise à réduire la stigmatisation entourant la maladie mentale et à promouvoir la santé mentale et la résilience en milieu de travail. Il comporte un outil d’auto-évaluation et un ensemble de techniques de thérapie cognitivo-comportementale qui reposent sur des données probantes pour aider les gens à composer avec le stress et à accroître leur résilience.

En date du 31 mars 2016, plus de 44 000 premiers intervenants en provenance des quatre coins du pays avaient suivi cette formation.

D’autres outils et ressources de la CSMC permettent d’améliorer la santé mentale et le bien-être des premiers intervenants. Mentionnons entre autres les Lignes directrices relatives au soutien par les pairs, qui ont guidé le développement de programmes organisationnels de soutien par les pairs pour les premiers intervenants ainsi que le programme Premiers soins en santé mentale, qui a été offert à plus de 1 600 d’entre eux. La série de webinaires sur la santé mentale des premiers intervenants présente des stratégies, des outils et des ressources efficaces et a attiré plus de 1 000 participants, dont 600 en temps réel d’un bout à l’autre du Canada et 400 autres qui ont visionné les webinaires archivés.

De plus, la CSMC est l’un des sept partenaires qui aident l’Association des Paramédics du Canada et l’Association canadienne de normalisation à élaborer une norme sur la santé et la sécurité psychologiques du personnel paramédical.

La Norme nationale du Canada sur la santé et la sécurité psychologiques en milieu de travail, dont l’application est volontaire, propose une série de mesures, d’outils et de ressources qui visent la promotion de la santé mentale des employés et la prévention des préjudices psychologiques susceptibles d’être causés par des facteurs liés au travail. La division du Québec de la Gendarmerie royale du Canada a appliqué la Norme et participé au projet de recherche par étude de cas de trois ans de la CSMC.

« En faisant équipe avec la CSMC, l’Association canadienne des chefs de police a pu faire progresser son programme sur la santé mentale auprès des organisations policières d’un bout à l’autre du pays. Ensemble, nous luttons contre la stigmatisation et créons un espace essentiel pour favoriser le dialogue et la compréhension. » – Mario Harel, président de l’Association canadienne des chefs de police